Fontenoy-Le-Chateau

 

D’azur, à la bande d’argent, au franc-quartier sénestre de gueules chargé d’un N aussi d’argent surmonté d’une étoile rayonnante du même.

Nom des habitants : Fontenaicastrien, Fontenaicastrienne


Description Historique


En 980, les Evêques de Toul construisent à Fontenoy une énorme tour donjon pour protéger et surveiller la frontière entre la Lorraine et la Comté de Bourgogne. Cette forteresse est avec celles d’Epinal et de Remiremont une des plus anciennes de l’actuel département des Vosges.

 

Aux XVème et XVIème siècles, Fontenoy est un des plus important centre commercial, c’est le lieu d’expédition sur la France et l’Europe des productions de « Grand verre » de la Forêt de Darney, les « charretons » de Fontenoy parcourant toute l’Europe pour transporter ce verre.

La tour des Lombards qui faisait partie des fortifications de la ville est transformée en cette période économique faste, en véritable banque de change, protégée par les murs épais de l’édifice.

 

Au cours de la Guerre de Trente Ans, les troupes franco-suédoises de Turenne font le siège de la ville et du château qui tomberont pour la première fois. En août 1635 la ville est incendiée, la population massacrée et décimée par les maladies. Détruite à plus de 90% Fontenoy se relèvera de ce désastre grâce à l’essor industriel métallurgique du XVIIIème siècle.

 

Aux XVIIIème et XIXème siècles les usines de la vallée du Côney apporteront du travail pour les hommes de Fontenoy, la broderie dans la seconde moitié du XIXème siècle occupera elle 650 femmes de la localité.

 

Le 26 juillet 1789 à l’annonce de la prise de la Bastille plus de 800 personnes du Comté de Fontenoy envahissent en émeute le Greffe de Justice de la terre seigneuriale et détruisent titres et rentes seigneuriales sur la place. L’ancien greffe de justice est aujourd’hui occupé par le Musée de la broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine.


Légende, tradition ou personnage remarquable

 

Le poète Nicolas Gilbert 

 

Gilbert était un poète satirique né à Fontenoy-le-Château. Mort à 30 ans, il est l’archétype du poète malheureux, l’icône du romantisme. Aux catacombes de Paris, sur le Sarcophage du lacrymatoire, sont gravés ces vers qui lui appartiennent : « Au banquet de la vie infortuné convive / J’apparus un jour et je meurs. »


En 1861, Julie Victoire Daubié, née à Bains-les-Bains puis habitante de Fontenoy, est la première bachelière de France. A l’époque, la coutume – et non la loi, empêchait les femmes de s’instruire.

Son diplôme de fut signé que 9 mois plus. Une légende postérieure aux faits raconte que  l'impératrice Eugénie dut faire pression sur les instances. En fait, il s'agissait à l'époque du délai normal pour la signature de ce diplôme. En effet, Julie Victoire Daubié écrit elle-même à propos de son baccalauréat :

 

"J'ai pu être admise, l'année dernière, à l'examen du baccalauréat, par la Faculté des Lettres de Lyon, sans faire de demande exceptionnelle. J'ai rencontré partout, pour cette innovation, une bienveillance impartiale et des sympathies généreuses, dont je ne saurais trop remercier ma patrie et mon siècle."

 

Lettre de Julie Victoire Daubié à Miss Garrett datée du 3 décembre 1862

 

 

Elle fut par la suite la première femme diplômée, d’une Licence de Lettres. Jusqu'à sa mort prématurée en 1874, Julie Victoire sera une forte militante pour les droits et l'émancipation des femmes.

 


Sébastien Mathieu 

 

Né en 1786 à Fontenoy-le-Château et mort en 1869 à Montmotier, il s’engage volontairement pour faire partie des Grenadiers de la Garde en 1809.  Il fait partie des 6 Vosgiens ayant accompagné Napoléon Ier sur l’île d’Elbe. Il fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur.


Monuments / Patrimoine

Le musée de la Broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine :

 

Au XIXème siècle, la broderie fine de Fontenoy-le-Château était vendue à la Cour mais aussi exportée jusqu'en Afrique du Nord et dans le Moyen-Orient. Les ouvrières, qui travaillaient à domicile, avaient été formées par une dame de Paris venue s'installer dans les environs en 1836. A la fin du XIXème siècle, 500 brodeuses participaient à l'activité. Le dernier bureau de broderie fut fermé en 1977. Ce musée rend hommage à cette activité, ainsi qu’au poète Gilbert et à Julie Victoire Daubié. Une exposition est aussi réservée à l’activité de métallurgie qui complétait celle de la broderie à la même époque. 

 

 

 

La Tour des Lombards:

 

La Tour des Lombards fut construite au XIVème siècle. Avec les fortifications, c’est elle qui donne tout son charme à la localité. Au XVème siècle, la tour fut transformée en chambre forte puis en prison en 1635.

 

 


Les ruines du château :

 

Accroché au flanc d’un coteau qui domine toute la ville, ce château était une forteresse des barons de Neufchâtel. Le donjon, daté du Xème, est l’un des plus anciens de Lorraine. Après l’incendie de la ville en 1635, le château fut abandonné définitivement et tomba progressivement en ruine. Une matinée de 1875, une partie du donjon s’écroula. Par peur de nouvel accident, le pan de mur restant fut détruit peu de temps après. Il fallut jusqu’à huit kilogrammes de poudre pour venir à bout de la solide maçonnerie. Aujourd’hui, les ruines peuvent se visiter, et sont décorées par de fidèles reproductions de machines de guerre médiévales

 


 

 

L’église Saint-Mansuy :

Cette église, de style gothique flamboyant, date de la fin du XVème siècle, début XVIème. Cependant, une partie de ses murs a une origine beaucoup plus ancienne.

Son clocher a été reconstruit en 1820.

 


 

 

La Chapelle de Saint-George : Datant du XVIIème siècle et cachée au milieu de la forêt, on dit que cette chapelle fut construite à la mémoire de deux jeunes gens qui se seraient entretués pour un même amour.

 

La Fresque murale Elle représente Julie Victoire Daubié, ainsi que le "Gros Rémond", un habitant de Fontenoy, qui fut en son temps l'homme le plus gros du monde, allegrement dépassé de nos jours.