Nomexy

 

 

 

Tiercé en pal : au premier d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d’argent qui est de Lorraine, au deuxième burelé d’argent et de sable de dix pièces, au troisième de gueules à la bande d’argent.

Nom des habitants :Nomexéens, Noméxéennes

Altitude : 329 mètres

 

Blason : Divisé en trois, il représente les blasons des seigneurs successifs de Nomexy. De gauche à droite : le duc de Lorraine, le comte de Vaudémont et le comte de Neufchâtel (l'ordre n'est pas chronologique).


Description historique

Centrale électrique

La légende raconte qu'au premier siècle avant Jésus-Christ, un Romain dénommé Numerus serait venu jeter les bases du bourg qui serait devenu par la suite Nomexy.

 

Le Moyen Age offre davantage de certitudes, dans le sens où l'histoire de Nomexy fut intimement liée à celle de Châtel, de l'autre coté de la Moselle. En effet, le village dut subir les décisions politiques faites sur leur territoire, qui se trouvait être un haut lieu stratégique. Les habitants devaient participer en premier lieu aux charges militaires, en accepter les coutumes, et en ressentir l'influence religieuse.

 

Le village était divisé en trois seigneuries, que se répartissaient au fil des siècles les familles de Vaudémont, de Neufchâtel ou les ducs de Lorraine. Pour la dénomination de la localité, il a fallu attendre la fin du XVIIème siècle pour voir apparaître la forme définitive de Nomexy.

 

Lors de la période industrielle à la fin du XIXème siècle, Nomexy devient ce que l'on appelle une « ville-usine ». Encouragée par la présence d'importants axes de communication (la voie ferrée et le canal), elle s'inscrit dans le mouvement général vosgien de développement de l'industrie textile. En témoignent en effet les implantations de la filature Peters en 1880, du tissage Paul Perrin en 1883, et de l'usine Schauffeneck, faisant également partie du groupe Peters, en 1895.

 

Aujourd'hui, ces différentes industries ont cessé leur activité.


Légende, tradition ou personnage remarquable

Le gibet de la Héronnière 

 

Châtel étant siège de bailliage, il lui fallait entretenir un gibet. Il fut décidé de son implantation sur le territoire de Nomexy, où celui-ci dominait le pays du haut de la Héronnière. Une légende teintée de morale religieuse, comme il en existe de nombreuses à ces époques, fait état à ce sujet d'un cas de corruption démoniaque :

 

« Moi, Loïc Albérie, religieux indigne en l'abbaye de Senones, je vais narrer succinctement la véridique et lugubre aventure qui me fut récitée jadis par les bonnes gens de Châtel-sur-Moselle et j'écris cette histoire douloureuse afin de mettre un chacun et tous en garde contre les embûches que le démon nous dresse […].

 

Voilà donc Monseigneur Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, qui part de Remiremont avec ses gens d'armes et qui se met à la poursuite des bandits. Il arrive et, trouvant les arches ruinées, il entre dans une grande colère. Il ordonne qu'on cherche un gué ; mais on n'en rencontre aucun, parce que c'était la saison des grosses pluies. Alors il mande l'artisan Gaulthier, lequel avait la réputation d'être fort habile en toutes sortes d'architectures. Et Monseigneur lui dit : Prends des hommes, du bois, des pierres et répare vite le dégât que les mécréants ont fait ; si ta besogne n'est point achevée dans vingt-quatre heures, tu seras pendu par la gorge aux branches de ce chêne qui m'abrite. Va !

Le vieillard s'en alla bien triste. Et dolent il se promenait sur les cailloux du rivage. - On m'a fixé un trop court délai, songeait-il ! Et sa laissant choir dans la mélancolie, au lieu de travail il fit des rêves, au lieu de cœur il eut des plaintes.

 

Pendant que le pauvre vieux se désespérait en son âme à quelques trois cents pas de là tout au plus, un arbalétrier de Monseigneur avait les regards attachés sur l'autre rive ; il considérait non loin de la forteresse et près d'une humble chaumine, la plus gracieuse créature du monde.

 

-          Oh ! Oh ! Se disait le soldat, il faut que je nage vers cette jolie fille...

-          Ce sera difficile, murmura le démon, lequel apparut soudain ; celle que tu vois est sage et pieuse, elle est la joie de sa mère et la providence de ses jeunes sœurs... mais si tu veux renoncer à ton salut éternel, je te ferai parvenir à ton but ; tu posséderas cette vierge attrayante.

 

Le pacte fut signé, le rendez-vous fut pris et le diable s'en alla dire à l'oreille de Maître Gaulthier : Compère, à minuit j'aurai fait la tâche qui l'épouvante, si tu consens à m'abandonner la première personne qui passera sur notre pont.

 

Ce nouveau pacte fut signé, Satan disparut et l'architecte se croisa joyeusement les bras.

 

-          Pense à ton ouvrage, lui cria le duc Gérard qui chevauchait le long de la grève ! L'arbre que je t'ai promis est branchu.

 

-          Bien, bien, Monseigneur, répondit l'autre en souriant avec présomption.

 

A minuit le mauvais ange avait achevé son œuvre ; à minuit et deux minutes, Gaulthier, qui venait s'assurer si le génie infernal avait tenu sa promesse, aperçut l'arbalétrier prêt à passer sur le pont.

Or dans ce beau soldat qui marchait si fier, le paresseux architecte aperçut son fils, son fils unique, son fils bien aimé.

 

-          Ne passe pas! Lui cria le vieillard en se tordant les mains ; ne passe pas Etienne, ne passe pas !

 

Il passa le malheureux jeune homme ; et depuis, hélas ! Il ne reparut plus !

 

Le diable avait juré de bâtir un pont, mais il n'avait rien promis quant à la durée de cet horrible ouvrage ; le pont s'évanouit en fumée et Gaulthier fut pendu.»

 

Nicolas Nomésius 

 

Poète latin et auteur de Parnasse poétique, il est vraisemblablement né, sans que l'on en sache la date, à Nomexy, bien que Dom Calmet (bénédictin et érudit lorrain du XVIIIème siècle) conteste cela en évoquant Charmes. Son livre a notamment été édité en 1607 à Paris, et en 1616 à Cologne.


Monuments / patrimoine

Le Prieuré d'Aubiey 

 

Sans doute fondé vers 1120-1140, rien n'est certain concernant son origine exacte. On sait qu’il était une annexe du Prieuré d'Hérival, près de la commune actuelle du Val-d'Ajol. L'église, dont il ne reste que quelques ruines éparses, était de style gothique flamboyant du XVème siècle. La tour romane, datant d'une église précédente, fut réutilisée en clocher. D'après la tradition, des créneaux et une terrasse la couronnaient, servant donc à la défense et à l'observation des alentours. Du fait de sa fragilité et de la menace qu'elle constituait donc, l'église fut démolie préventivement en 1770.


Le Moulin 

 

Un moulin à Nomexy est évoqué dès 1263 dans les archives. Situé sur le ruisseau de l’Avière, il permettait aux moines du Prieuré d'Aubiey d'acquérir une certaine autonomie. En effet, à cette époque, posséder un moulin permettait d’être autonome vis à vis d'un seigneur foncier, ainsi que d'obtenir des taxes d'usage. En 1861, un certain Mathurin Gentillhomme, meunier, devint propriétaire du moulin. L'entreprise se modernisa alors et se spécialisa uniquement dans la meunerie. La fabrication de verres de montres qui s’y effectuait fut déplacée à Châtel, puis à Portieux. L'activité de meunerie persiste encore aujourd'hui.

L’église 

 

Commencée en 1847 et achevée en 1851, il ne reste aujourd'hui rien de l’ancienne église. Le style est néo-gothique, sous la direction de l'architecte Gahon d'Epinal. Elle renferme notamment une statue de Sainte-Marguerite du XVIème siècle, et deux statues du XVIIème siècle représentant Sainte-Catherine et Sainte-Barbe. Ces statues proviennent de l'ancien prieuré d'Aubiey.

 

Les cités ouvrières

 

En relation directe avec les usines du groupe Peters, elles rendent compte aujourd'hui de ce qui est communément appelé le « paternalisme » : le patron prenait en charge certains besoins quotidiens des employés, afin de s’assurer que ceux-ci restent employés durablement dans l’entreprise. L'architecture alsacienne de ces cités témoigne des origines de la population ouvrière. En effet, beaucoup d’Alsaciens sont venus s’installer dans les Vosges suite à l’annexion en 1870. Les cités sont quasi-identiques entre elles.