Histoire de la Place Forte d'Epinal - 4/4

La Première guerre mondiale

Historique du Conflit

L'étincelle qui va ruiner le Vieux Continent survient à Sarajevo, la capitale de la Bosnie-Herzégovine et possession de l'Autriche-Hongrie, le 28 juin 1914: un terroriste serbe tue l'archiduc Ferdinand, héritier de la couronne austro-hongroise, et sa femme.

L'assassinat de l'archiduc Ferdinand le 28 juin 1914
L'assassinat de l'archiduc Ferdinand le 28 juin 1914

L'empereur autrichien François-Joseph 1er se dispose à donner une leçon à la Serbie. La Russie apporte son soutien à cette dernière, par solidarité slave. La France se sent obligée d'apporter sa garantie à la Russie. L'Allemagne, de son côté, se doit de soutenir l'Autriche...

C'est ainsi que l'équilibre européen va être victime de ses systèmes d'alliance.

 

Malentendus

Les stratèges allemands craignent par-dessus tout d'être pris en tenaille par la France et la Russie. Ils ne voient l'espoir du salut que dans une attaque immédiate de la France qui mettrait celle-ci hors de combat avant que la Russie ait eu le temps de mobiliser ses troupes innombrables.

Comme dans un duel entre cow-boys, la victoire, croit-on, appartient au premier qui dégaine. Sous la pression de ses généraux, qui craignent d'être pris de court, le tsar mobilise dès le 29 juillet.

 

Mobilisation générale le 1er août 1914

 

Le 1er août, l'empereur d'Allemagne riposte en lui déclarant la guerre.

La France, de son côté, mobilise en toute hâte. Le 3 août, l'Allemagne lui déclare la guerre et pour hâter les choses, envahit la Belgique.

Le lendemain, les Anglais, qui avaient garanti la neutralité la Belgique, déclarent à leur tour la guerre à l'Allemagne.

En quelques jours, 6 millions d'hommes se retrouvent ainsi sous les drapeaux ! Chacun se résigne à un conflit que l'on espère court et, fait exceptionnel, on compte très peu de désertions dans tous les camps.

 

Front occidental

En application du plan Schlieffen, l'Allemagne porte son effort principal sur la Belgique et la France du nord, prenant les Français à revers.

Le général en chef français Joffre organise une retraite générale en bon ordre. Les Allemands, trop heureux de leur succès, contournent Paris en obliquant vers la Marne. Erreur fatale : au prix d'un effort surhumain, les Français stoppent net leur avancée par la contre-offensive de la Marne, du 6 au 11 septembre 1914.

Les troupes allemandes et françaises tentent de se déborder l'une l'autre par l'ouest. C'est la «course à la mer». Mais personne n'arrive à percer le front. Les troupes allemandes creusent des tranchées et s'y terrent pour éviter de reculer davantage. Les troupes françaises font de même.

Le front franco-allemand se stabilise dans la boue, de la mer du nord aux Vosges, sur 750 km. Cette situation va durer quatre longues et terribles années !

 

Autre front

1917 se signale par des crises graves. Le tsar est détrôné en février-mars au profit d'une république démocratique. Le nouveau gouvernement poursuit le combat contre l'Allemagne et l'Autriche.

Mais survient en Russie en octobre-novembre 1917 un coup de force des bolcheviques (ou communistes), à l'instigation de leur chef Lénine. Ce dernier arrête les combats de façon unilatérale. C'est une aubaine pour l'Allemagne qui peut dès lors reporter tous ses efforts contre la France et l'Angleterre.

 

1918

Victoire à l'arraché

 

Front occidental

En mars 1918, au prix d'un gigantesque effort, les Allemands arrivent à Château-Thierry et bombardent Paris avec des canons à longue portée !

Face au péril, le chef du gouvernement français Georges Clemenceau obtient que le commandement des armées franco-anglaises soit désormais confié à un seul homme. C'est le général Foch qui coordonne désormais toutes les opérations sur le front occidental.

Dès avril, il arrête l'offensive allemande sur la Somme. Le 18 juillet 1918, il passe à la contre-offensive avec les premières troupes américaines dans la région de Villers-Cotterêts. Les Allemands sont partout repoussés.

En Allemagne, les grèves et les insurrections se multiplient. Une révolution éclate le 3 novembre. Pour éviter que le pays ne tombe comme la Russie sous une dictature communiste, les gouvernants et les chefs militaires convainquent l'empereur d'abdiquer. C'est chose faite le 9 novembre.

Deux jours plus tard, Allemands et Alliés signent l'arrêt des combats (l'armistice) le 11 novembre 1918 dans l'attente du traité de paix définitif.

 

Autre front

Les armées alliées d'Orient lancent en juin 1918 une offensive décisive. La Bulgarie fait, la première, défection à l'Allemagne et signel'armistice dès le 29 septembre 1918. L'empire ottoman signe à son tour l'armistice de Moudros le 30 octobre 1918.

Le mois suivant, la débandade des empires centraux est consommée. L'Autriche-Hongrie signe l'armistice de Villa Giusti avec l'Italie le 3 novembre.

Les Tchèques proclament leur indépendance le 14 octobre, suivis par les Hongrois, puis les Croates et les Slovènes. L'empereur austro-hongrois Charles 1er abdique le 13 novembre.

 

1919

La paix impossible

 

Front occidental

Quatre ans de conflit généralisé laissent 11 millions de morts. De nombreuses régions comme le nord de la France sont transformées en champs de ruines. Les États européens entrent dans la paix avec des dettes énormes contractées pour l'essentiel auprès des États-Unis. Ces derniers apparaissent comme les grands vainqueurs de la guerre bien que leurs soldats n'y aient participé que de façon marginale.

En attendant, il faut signer les traités de paix avec l'Allemagne et chacune des puissances qui se sont alliées à elle : l'Autriche, la Hongrie et la Turquie. Éprouvés par la dureté extrême de la guerre, les vainqueurs aspirent à humilier et écraser les vaincus, au risque d'empêcher toute réconciliation durable.

 

Autre front

En Russie s'installe un gouvernement d'une espèce encore inconnue. Le régime bolchevique ou communiste dirigé par Lénine est le premier régime de nature «totalitaire». Il sacrifie les libertés, les droits des individus et les prescriptions morales à une idéologie messianique qui promet le bonheur pour tous... sous réserve d'une obéissance inconditionnelle à la minorité qui tient le pouvoir.

 

André Larané

La guerre de 1914-1918, vue des Forts

En août 1914, les allemands font le choix de passer par la Belgique, préférant ainsi s'attaquer aux forts belges plutôt qu'à la ceinture fortifiée française. Cette décision est lourde de conséquence, puisu'en violant la neutralité de ce petit pays, cela les mènent à un conflit international avec  l'Angleterre, qui est à cette époque la première flotte au monde.

 

Le début de la guerre n'est pas favorable à la fortification. En effet, les places belges ainsi que la place de Maubeuges qui commençait seulement à être modernisée.

Le drame de Manonviller

Le drame au fort de Manonvillier n'arrange pas la situation.  En effet, ce fort moderne, situé en avant de la trouée de Charmes se retrouve rapidement isolé sous le déluge d'obus de 420mm. Ne pouvant pas recevoir d'ordre de l'extérieur, il se rend au bout de 3 jours de combat alors que les allemands pensaient le prendre en 6 heures.

 

A la fin de la bataille, ce fort est relativement en bon état. Mais la machine de propagande allemande fait sauter une grande partie du fort pour faire croire à l'Etat major français que leurs bombardements avaient anéantis l'ouvrage.

 

Cela fait couler beaucoup d'encre sur la fortification moderne, et conduit  au désarmement des places fortes en août 1915.

Ces places étant désarmées, les allemands vont essayer en février 1916 de s'attaquer à l'une des places les plus modernisées, Verdun, afin de faire une nouvelle percée dans le front. Mais cette bataille montre l'importance de la fortification moderne.

 

En effet, les forts désarmés résistent au déluge de feu auquel ils n'étaient pas prévus, devenants des points d'appuis importants sur la ligne de front. Ce qui conduit au réarmement rapide de la place pour la mettre en état de défense. Quelques aménagements sont réalisés, comme les travaux de 17 et les galeries de 17 qui assurent les combats avec l'ennemis jusqu'au dessus des ouvrages.

 

A la fin de la guerre, la fortification moderne a fait ses preuves, ce qui permet d'obtenir de nouveaux crédits pour construire la future ligne Maginot sur la frontière reconquise.